Ma recherche picturale s’ancre dans une interrogation fondamentale : comment rendre visible ce qui échappe à nos sens, cette autre réalité qui ne se livre ni à l’œil ni à l’évidence ?

L’abstraction me permet d’aller au-delà du réel. Elle est le terrain de mon exploration intime, un moyen de transcender la matérialité pour capter l’essence d’un instant, d’une émotion ou d’une présence invisible. Mon inspiration puise dans l’observation silencieuse, celle de l’humain, de ses gestes retenus, de sa sensibilité cachée, mais aussi dans la puissance abstraite de la nature, ses formes, ses harmonies et ses contrastes.
Je crée en jouant avec les oppositions : l’ombre et la lumière, la densité et le vide. À travers ces contrastes, j’ouvre des espaces picturaux qui ne cherchent pas à figurer mais à évoquer, à suggérer une infinité de possibles. Les formes ne sont jamais imposées : elles émergent, naissent du frottement du pinceau sur la toile, des passages successifs qui font jaillir une sorte mouvement intérieur. Le bleu, souvent omniprésent, agit comme vecteur de lumière et porte en lui une dimension spirituelle, presque méditative.
Je libère mon regard de l’objet pour ne garder que l’essentiel : une trace, un rythme, une émotion. Donner à voir, pour moi, c’est composer un espace sensoriel où la couleur et la matière deviennent langage et émotion.
Série "UN TRESOR DANS L'ARMOIRE"

Ce que j’ai découvert dans l’armoire familiale n’était pas seulement du linge ancien, mais un patrimoine émotionnel en attente d’être révélé.
Ces draps, hérités de mes grands-parents, sont devenus pour moi des archives sensibles, des fragments de mémoire matérielle.
Se réapproprier ce patrimoine, c’est lui donner une seconde vie.
Mais comment faire de ce tissu une surface où l’émotion circule, se déploie, et surtout se partage ?
Ainsi est née une œuvre où le geste artistique se mêle au geste de transmission, dans un dialogue entre mémoire et création.
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un tresor dans l’armoire
Série "VICE VERSA"

La peinture sur verre est une pratique ancienne qui exploite la transparence et la lumière du matériau, offrant des effets visuels uniques impossibles à obtenir sur toile ou sur bois. Le choix du verre comme support n’est pas neutre : il permet d’explorer à la fois la matérialité de la lumière et la mémoire des gestes picturaux inscrits dans la superposition des couches. Le verre devient un révélateur, intensifiant les couleurs et leur donnant une profondeur particulière. L’œuvre dépasse ainsi la notion de tableau fixe : elle interagit avec son environnement, elle se transforme selon l’heure, la lumière et la position du spectateur. Elle devient un dispositif vivant, où la peinture dialogue avec l’espace et le temps.
Série "TERRE POLYMERE"
«Terre polymère» est une expression qui déplace le vocabulaire technique du matériau vers un registre organique et poétique. Elle associe la force du liant à l’imaginaire fertile du sol, créant une tension riche et féconde:
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Terre évoque la matière première, l’ancrage, la mémoire des sols, la matrice du vivant.
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Polymère suggère la répétition, l’assemblage, la cohésion invisible qui relie les fragments.
Ensemble, l’expression devient une terre recomposée, hybride, à la fois naturelle et artificielle, où se tissent des liens, des réseaux de mémoire et de matière.


L’œuvre se déploie selon une grammaire sérielle où l’unité élémentaire, la “perle”, constitue le module de base d’une structure accumulative. La répétition et la juxtaposition de ces unités engendrent une surface continue, à la fois homogène et vibrante, qui organise le regard en un va-et-vient entre micro-ensembles et macro-paysage. Ce dernier articule des configurations florales et abstraites, inscrivant l’œuvre dans une esthétique de l’entrelacement. Ce dispositif peut être lu comme un microcosme organique, métaphore d’un monde vivant en miniature. La logique répétitive convoque des pratiques rituelles et méditatives, où le geste patient et réitéré devient un acte de mémoire et un vecteur de construction identitaire. L’œuvre se situe ainsi dans une temporalité processuelle: le temps de fabrication est rendu visible par la densité et la régularité du motif, inscrivant la durée dans la matérialité même de la composition. La tension entre ordre implicite et variations aléatoires ouvre une réflexion sur la constitution du collectif. Elle interroge la manière dont une communauté peut émerger de la juxtaposition d’unités singulières, et comment l’équilibre entre homogénéité et différence façonne la perception globale. Cette dialectique entre le singulier et le pluriel, entre la norme et l’écart, confère à l’œuvre une portée à la fois esthétique et anthropologique.
Membre de l'association Ateliers Cub'ART - Albi
Ateliers Cub'Art est un regroupement d'artistes et artisans d'art qui œuvre pour la promotion et la valorisation des métiers liés à l'art. L'association a ouvert une galerie au 39, rue de l'Hôtel de Ville à Albi.
Membre de l'association Collection Priv'Art - Toulouse
L'objet de cette association est de promouvoir l’Art et les artistes au sein de l’entreprise.


